Blog d'André Gerin - 01/10/2010 11:00:00
Les groupes de l'opposition de gauche à l'Assemblée nationale ont publié, dans Le Monde daté de mercredi, une tribune réclamant la démission de Bernard Accoyer de son poste de Président.
Je le dis comme je le pense : cette initiative me semble dérisoire. Elle constitue même une sorte de diversion au regard des graves préoccupations des français et des nouvelles menaces qui pèsent sur eux.
En dix huit mois, la France a perdu 780 000 emplois essentiellement industriels à coups de délocalisations et de plans sociaux.
L'INSEE vient de relever qu'en 2008, près de 8 millions de nos concitoyens, soit 13 % de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté avec moins de 773 euros par mois. C'est évidemment pire encore en 2010.
Le gouvernement s'apprête à faire voter par le parlement un plan de super-austérité qui visera tout particulièrement les couches dites « moyennes », tandis que les plus riches, les privilégiés de la bourse et de la fortune continueront à bénéficier du bouclier fiscal et des multiples exonérations et cadeaux qui leur sont consentis.
Après les milliards distribués généreusement aux banques incendiaires, c'est un budget de classe que l'on impose à notre peuple. Pour lui, c'est du sang et des larmes.
Voilà contre quoi ces parlementaires de gauche doivent se mobiliser pour faire entendre dans l'hémicycle la colère, l'exaspération populaire qui s'enfle et montre, propositions concrètes à l'appui, que nous pouvons refuser le capitalisme ravageur qui détruit, mesure après mesure, le pacte social français, les avancées de civilisation du XXème siècle.
N'attendons pas du Président de l'Assemblée nationale qu'il relaie autre chose que la politique de Nicolas Sarkozy, qu'il redonne au pouvoir législatif cette place que l'exécutif leur dénie. Le laisser penser serait illusoire. La Vème République est un système archaïque et pervers. L'élection du Président de la République au suffrage universel est anti-démocratique.
Soyons plus que jamais les porte-parole du mouvement social et de ses exigences, pour construire des résistances et une nouvelle société.
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