La Ville Briseuse de grève, c'est sûr mais elle a honte.....(courrier adressé aux parents d'élèves d'Echirolles)
un nouvel exploit politique de la municipalité attrape-tout.
- La loi du 20 août bafoue par 2 fois (droit de grève et libre administration des collectivités locales) la Constitution mais on l'applique ...au nom des principes républicains.
- La loi est "floue" difficile à appliquer (complexe) : le maire d'Echirolles pensait-il que le gouvernement allait donner un mode d'emploi pour briser les grèves ? Si on rentre dans l'application de la loi "au nom des principes républicains", on accepte d'organiser le travail des "jaunes", c'est comme ça... faut se boucher le nez si on est incommodé !
Objet: organisation du service minimum d'accueil dans les écoles
Madame, Monsieur,
A l’approche de la grève du mardi 7 octobre prochain, dans le cadre de la journée d'action syndicale mondiale sur le travail décent, l'emploi, les salaires et des services publics de qualité, il m'a semblé nécessaire, en toute transparence, de vous faire connaître la position adoptée par la Ville concernant le service minimum d'accueil dans les écoles.
Vous le savez sans doute, la loi du 20 août 2008 oblige les communes à organiser un accueil des élèves les jours de grève, dans les écoles qui comptent plus de 25 % d'enseignants grévistes.
Notre Ville appliquera la loi, (souligné par le maire) dans le respect des principes républicains.
Il nous a paru essentiel de vous faire savoir ce que nous pensons de celle-ci, adoptée sans débat avec les élus locaux, une fois de plus témoins des désengagements de l'État.
A Échirolles, comme dans nombre de villes, nous sommes très attachés au droit de grève inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, confirmé par celui de la Constitution de 1958.
Faut-il rappeler que ces mesures ont contribué à restaurer l'État de droit et les institutions démocratiques au lendemain de la seconde guerre mondiale ?
Ceux qui se sont battus pour ces droits - je pense notamment aux fédérations de parents d'élèves - ont permis à l'école d'être ce qu'elle est aujourd'hui : moins d'élèves par classe, un soutien plus important aux élèves... les actions collectives ont pour objet, non pas de gêner les familles, mais de conforter la réussite scolaire dans l'intérêt de nos enfants.
Elles visent, plus généralement, la défense des valeurs et des moyens de l'école républicaine.
Au-delà de cette position de principe selon laquelle nous nous refusons d'être des briseurs de grève (souligné par l'auteur du blog), je suis, comme nombre d'élus, convaincu de la très grande difficulté d'application de cette loi.
Il est difficile d'accepter que l'État puisse, pour les écoles, transférer vers les communes ses responsabilités d'employeur. Imposer une telle mesure est, me semble t-il, contraire au principe de libre administration reconnu aux communes par la Constitution.
J'ajoute que cette loi, adoptée dans l'urgence, reste floue dans son application. les délais d'information sont tardifs.
Nous serons donc amenés à constater la situation le jour même. Cette absence de lisibilité quant au nombre de classes concernées et de personnels grévistes rend très complexe la mise en place de cet accueil.
D'autre part, les compensations financières consenties aux communes sont trop faibles puisqu'elles ignorent tout le travail de mise en œuvre du service minimum, sans en prévoir le financement.
Pour autant, nous appliquerons la loi avec le souci de garantir les meilleures conditions possibles d'accueil.
Mais l'incertitude en terme d'organisation et la mobilisation du personnel communal nous empêcheront, ce jour-là, d'assurer l'accueil des enfants en garderie scolaire. Je tenais à vous faire part de cette position, respectueuse de la loi, malgré notre ferme opposition à ce type de démarche.
Ce texte transfère vers les collectivités locales des responsabilités et des charges financières nouvelles sans créer de meilleures conditions d'accueil des élèves. Une fois de plus, les maires sont mis devant le fait accompli, ce que je regrette s'agissant de la question fondamentale de l'école.
Les modalités pratiques d'organisation de ce service minimum vous seront communiquées dans chaque établissement par voie d'affichage et seront relayées par les directeufs.
Ce dispositif mis en place ce mardi fera l'objet d'une évaluation attentive. la Ville se réserve, bien entendu, la possibilité de le faire évoluer en fonction de la situation constatée.
Il va de soi que vous en serez tenus informé au préalable.
Convaincu de l'intérêt que vous porterez à ces informations je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance de ma considération distinguée.
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